Logiciel de caisse certifié : obligation, norme NF 525, sanctions
Obligation de certification des logiciels de caisse : norme NF 525, conditions de conformité, sanctions, comparatif des solutions et guide pratique pour les commerçants.

L'obligation légale
Depuis le 1er janvier 2018, l'article 286 du Code Général des Impôts impose à tout assujetti à la TVA qui enregistre les règlements de ses clients au moyen d'un logiciel ou système de caisse, d'utiliser un logiciel satisfaisant à des conditions d'inaltérabilité, de sécurisation, de conservation et d'archivage des données.
Cette obligation a été introduite par la loi de finances 2016 (article 88) pour lutter contre la fraude à la TVA. L'objectif : empêcher l'utilisation de « logiciels permissifs » qui permettaient de modifier ou supprimer des opérations d'encaissement sans laisser de trace.
Qui est concerné ?
L'obligation concerne tout professionnel assujetti à la TVA (même en franchise de base) qui utilise un logiciel ou système de caisse pour enregistrer les encaissements de ses clients particuliers (B2C).
Concernés
- Commerces de détail (boutiques, restaurants, bars)
- Artisans avec encaissements clients
- Professions libérales utilisant un logiciel de caisse
- E-commerçants avec module d'encaissement
- Food trucks, marchés, vente ambulante
- Salons de coiffure, instituts de beauté
Non concernés
- Entreprises réalisant uniquement du B2B (facturation classique)
- Professionnels utilisant uniquement un facturier papier
- Entreprises n'encaissant que par virement/prélèvement sans logiciel
- Auto-entrepreneurs sous le seuil de TVA sans logiciel de caisse
La norme NF 525
La norme NF 525 est le référentiel de certification le plus courant pour les logiciels de caisse en France. Délivrée par Infocert (organisme accrédité par le COFRAC), elle garantit que le logiciel respecte les 4 conditions légales.
Mais attention : la certification NF 525 n'est pas la seule voie de conformité. L'éditeur du logiciel peut aussi fournir une attestation individuelle de conformité. Les deux sont acceptées par l'administration fiscale.
| Certification NF 525 | Attestation de l'éditeur |
|---|---|
| Délivrée par un organisme accrédité | Auto-déclaration de l'éditeur du logiciel |
| Audit technique du logiciel | Pas d'audit externe |
| Renouvellement périodique | Responsabilité portée par l'éditeur |
| Plus sûre juridiquement | Acceptée par l'administration |
| Liste publique des logiciels certifiés | Moins de garantie pour le commerçant |
Les 4 conditions de conformité
Votre logiciel de caisse doit respecter quatre conditions cumulatives imposées par l'article 286 du CGI :
- 1
🔐 Inaltérabilité
Les données d'encaissement ne peuvent être ni modifiées, ni supprimées après enregistrement. Toute correction doit se faire par une écriture complémentaire (avoir, annulation) qui laisse une trace.
- 2
🛡️ Sécurisation
Le logiciel doit sécuriser les données par un procédé technique fiable (chaînage, signature électronique, empreinte numérique). Cela garantit la détection de toute tentative de manipulation.
- 3
💾 Conservation
Toutes les données d'encaissement doivent être conservées pendant 6 ans (durée du délai de reprise fiscal). Le logiciel doit permettre leur restitution intégrale et lisible.
- 4
📦 Archivage
Les données doivent être archivées périodiquement (clôture journalière, mensuelle, annuelle) avec un procédé garantissant leur intégrité dans le temps.
Attestation ou certification : que devez-vous avoir ?
En tant que commerçant, vous devez pouvoir présenter l'un des deux documents suivants lors d'un contrôle fiscal :
- Un certificat délivré par un organisme accrédité (ex : certificat NF 525 d'Infocert)
- OU une attestation individuelle de conformité fournie par l'éditeur du logiciel
Ce document doit mentionner : le nom du logiciel, sa version, le nom de l'éditeur, et la confirmation que le logiciel satisfait aux 4 conditions (inaltérabilité, sécurisation, conservation, archivage).
Comparatif des logiciels certifiés
Voici les principales solutions de caisse certifiées NF 525 ou conformes, adaptées aux TPE et commerces :
| Logiciel | Certification | Cible | Prix indicatif |
|---|---|---|---|
| Zettle (ex iZettle) | NF 525 | Commerces, marchés | Gratuit + % transaction |
| SumUp | Attestation éditeur | TPE, ambulants | Gratuit + % transaction |
| Lightspeed | NF 525 | Retail, restaurants | À partir de 69 €/mois |
| Tiller (SumUp) | NF 525 | Restaurants, bars | À partir de 45 €/mois |
| Caisyo | NF 525 | Commerces de proximité | À partir de 29 €/mois |
| Tactill | NF 525 | Retail, food | À partir de 49 €/mois |
| Hiboutik | Attestation éditeur | Petits commerces | Gratuit (basique) |
| Square | Attestation éditeur | TPE, food trucks | Gratuit + % transaction |
En cas de contrôle fiscal
L'administration fiscale peut vérifier la conformité de votre logiciel de caisse à tout moment, sans préavis, dans le cadre d'un contrôle inopiné (article L. 80 O du LPF).
- 1
Visite sans rendez-vous
Le vérificateur se présente sans rendez-vous pendant les heures d'ouverture.
- 2
Demande du certificat
Il demande à voir le certificat NF 525 ou l'attestation de l'éditeur.
- 3
Test du logiciel
Il peut tester le logiciel en direct (tentative de suppression, vérification des journaux).
- 4
Vérification de cohérence
Il vérifie la cohérence entre les Z de caisse, le journal comptable et les déclarations de TVA.
- 5
Durée limitée
La durée du contrôle inopiné est limitée à quelques heures (pas une vérification de comptabilité).
Sanctions en cas de non-conformité
Les sanctions sont lourdes et immédiates :
7 500 €
💸 Amende par logiciel non conforme
Applicable dès le premier constat. Si vous utilisez 2 postes de caisse non conformes, l'amende est de 15 000 €.
60 jours
⏰ Délai de mise en conformité
Après le constat, vous disposez de 60 jours pour vous mettre en conformité. Passé ce délai, une nouvelle amende de 7 500 € est applicable.
Présomption
🔎 Présomption de fraude
L'utilisation d'un logiciel non conforme peut déclencher une vérification de comptabilité approfondie et une reconstitution de recettes majorée.
Calendrier et transition
| Date | Événement |
|---|---|
| 1er janvier 2018 | Entrée en vigueur de l'obligation de certification/attestation |
| 2018 – 2025 | Contrôles inopinés progressifs, tolérance relative sur les premiers mois |
| 2024 – 2025 | Intensification des contrôles (objectif DGFiP : 30 000 contrôles/an) |
| 2026 | Généralisation de la facturation électronique B2B — convergence des obligations |
| En continu | Mises à jour logicielles : vérifiez que chaque nouvelle version reste certifiée |
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